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RDC : l’ambassade de France attaquée par des manifestants à Kinshasa

Meguetan Infos

Afrique. Les ambassades du Rwanda, de la Belgique et des Etats-Unis ont également été ciblées ce mardi, alors que les combats continuent dans l’est de la République démocratique du Congo.

Plusieurs ambassades, dont celles de la France, ont été attaquées ce mardi 28 janvier à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par des manifestants dénonçant le conflit dans l’est du pays, a-t-on appris de sources diplomatiques. Les ambassades du Rwanda, de Belgique ainsi que des Etats-Unis ont également été ciblées, de la fumée s’échappant du bâtiment de la représentation française, a constaté une journaliste de l’AFP.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a qualifié d’”inadmissibles” ces attaques. “L’ambassade de France à Kinshasa a été attaquée ce matin par des manifestants, qui ont provoqué un incendie désormais maîtrisé. Ces attaques sont inadmissibles. Tout est mis en œuvre pour assurer la sécurité de nos agents et ressortissants”, a écrit sur X le chef de la diplomatie française.

Les autorités congolaises ont accusé le Rwanda d’avoir “déclaré la guerre” à la RDC. La France, la Belgique et les Etats-Unis sont quant à eux critiqués pour leur inaction dans la crise actuelle.

Nouvelle réunion à l’ONU
A l’est du pays, les tirs résonnent encore ce mardi dans certains quartiers de Goma, grande ville livrée aux combats entre forces armées congolaises et combattants du M23 alliés à des troupes rwandaises. Le M23 et les soldats rwandais sont entrés dimanche soir dans la cité de plus d’un million d’habitants et presque autant de déplacés, au terme d’une progression éclair de quelques semaines, lancée après l’échec mi-décembre d’une médiation RDC-Rwanda sous l’égide de l’Angola. D’après une source sécuritaire, le M23 et les troupes rwandaises ont pris mardi le contrôle de l’aéroport de Goma. L’armée sud-africaine a par ailleurs annoncé quatre soldats supplémentaires tués en RDC, portant à 17 les membres de la force régionale d’Afrique australe (SAMIRDC) et de la mission onusienne (Monusco) morts ces derniers jours dans des combats contre le M23.

C’est dans ce contexte particulièrement tendu qu’une nouvelle réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur la RDC est prévue dans l’après-midi. Après une précédente réunion dimanche, le gouvernement congolais avait fustigé une déclaration “vague” de l’ONU sans exigence claire au Rwanda de quitter le sol congolais. Plusieurs milliers de troupes rwandaises sont présentes dans la région, selon l’ONU.

Des militaires congolais en débandade
A Goma, coincée entre le lac Kivu et la frontière avec le Rwanda, plusieurs dizaines de combattants du M23 reconnaissables à leurs tenues et équipements, ont été vus en train de remonter l’une des principales artères. Dans la matinée, des habitants ont bravé la peur et sont descendus vers le lac pour puiser de l’eau, ont constaté des journalistes de l’AFP. Les rafales ne sont pas bien loin. Mais pendant trois jours, la population est restée cloîtrée et il n’y a plus ni eau, ni électricité. Les installations ont été détruites dans les bombardements.

Plusieurs disent avoir été braqués par des miliciens ou militaires congolais en débandade : “Ils nous ont tout volé, nos téléphones, même nos souliers. On les a vus se déshabiller et jeter leurs tenues et leurs armes”, raconte Jospin Nyolemwaka, qui a fui son quartier.

Le Programme alimentaire mondial de l’ONU s’est dit mardi “préoccupé” par la pénurie de nourriture à Goma après l’interruption de ses activités. “En fonction de la durée des violences, l’approvisionnement en nourriture de la ville pourrait donc être gravement entravé. Les prochaines 24 heures seront cruciales car les gens commencent à manquer de provisions et devront voir ce qu’ils peuvent trouver pour survivre”, selon une porte-parole du PAM, Shelley Thakral.

Source: https://www.lexpress.fr/

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